Le mot MARRON vient de l'espagnol cimarrón et signifie «s’échapper, fuir».
En général, les marrons s’enfuyaient dans les montagnes et les hautes forêts du centre de l’île où ils réussissaient à vivre parfois durant des années, sans être inquiétés. Beaucoup de Noirs marrons s’installèrent dans les fameux cirques (dépressions à parois abruptes) de l’île en raison de leur accès difficile. Certains marrons plus aventureux ont même tenté de rejoindre l’île de Madagascar.
Les autorités françaises de La Réunion tentèrent bien de mâter les Noirs marrons, sans obtenir trop de succès. À partir de 1725, la chasse aux marrons fut réglementée: par exemple 30 livres de récompense étaient promises pour toute capture de marrons, morts ou vifs. Certains Blancs devinrent des «chasseurs de marrons» professionnels; bien entraînés et bien armés, ils parcouraient l'île de long en large et, en particulier, les cirques où les marrons avaient choisi de se réfugier. Lors de l’abolition de l'esclavage en 1848, de nombreux Noirs marrons descendirent des cirques de Cilaos, de Salazie et de Mafate pour louer leurs services sur la côte.
jeudi 24 septembre 2009
mardi 22 septembre 2009
Grotte des Premiers Français

Souvenez-vous, les Français avaient envoyé deux groupes de mutins sur l’île de la Réunion, en punition de leur rébellion à Fort Dauphin, Madagascar. Ils furent les premiers occupants involontaires qui y survécurent, sous l’administration de la Compagnie française des Indes. Mais deux Français, Louis Payen et Pierre Pau, sont les premiers colons. Ils s’installent sur l’île (volontairement ) en 1663 avec 7 esclaves malgaches et 3 femmes noires, afin de coloniser l’île. C’est à partir de là que l’on considère que la Réunion a eu ses premiers « vrais » habitants français. Ils s’étaient installés à St Paul, dans l’Ouest, dans ce qu’on appelle aujourd’hui la « Grotte des Premiers Français », grotte naturelle creusée dans la falaise. Pourquoi dans l’Ouest de l’île ? Parce que la baie de St Paul est la plus pratique pour accoster les navires, et une des plus grandes baies existantes.
La «Grotte des premiers Français» est en fait un cimetière d’esclaves. Avant le 20e siècle, elle était appelée « Caverne ». Elle était le cimetière des esclaves noirs : à Saint-Paul, jusqu’en 1848, environ 50.000 esclaves ont été enterrés. Ça fait peu de temps que l’on a découvert où…
Mais les esclaves malgaches essayèrent d’assassiner leurs maîtres français. N’y étant pas arrivés, ils s’enfuirent aussitôt dans les montagnes (dans le cirque de Mafate, difficile d’accès) avec les femmes noires, laissant les deux blancs français seuls, à travailler à leur survie et leur installation. On a appelé ces fugitifs les « noirs-marrons ».
lundi 21 septembre 2009
La fécondation de la vanille par Edmond Albius

Edmond est né esclave en 1829 chez un propriétaire de Sainte Suzanne. Ce propriétaire offre l'esclave à son frère, Ferréol Beaumont Bellier, lui aussi propriétaire à Sainte Suzanne et passionné de botanique. Ferréol Beaumont Bellier en fait son jardinier et lui explique comment féconder les fleurs pour entretenir son jardin. Ferréol Beaumont Bellier dira de son jeune esclave : « d'un naturel curieux, intelligent, il aime observer la nature et fait preuve de beaucoup d'attention »
À 12 ans, Edmond arrive à produire des gousses de vanille dans le jardin de son maître à la grande surprise de ce dernier. Personne auparavant n'avait réussi à féconder la vanille. Le jeune esclave explique alors le procédé simple et très fiable de pollinisation manuelle de la Vanille. La nouvelle fait beaucoup de bruit et la méthode est adoptée par beaucoup de planteurs. La Réunion va commencer à produire de la vanille.
Comme il était esclave et enfant, sa découverte fit naître de nombreuses polémiques que je ne commenterais pas. La paternité de sa découverte a été contestée même après sa mort. Les écrits de son maître témoignent aujourd'hui que c'est bien ce jeune esclave qui est à l'origine de la fortune de nombreux planteurs.
Toujours est-il qu'il n'a jamais pu tirer profit de sa découverte. Son statut d'esclave ne lui a pas permis d'être payé pour sa découverte. Ensuite, après son émencipation en 1848, il est comme les autres anciens esclaves, libre mais pauvre et sans éducation. Puisque les ancien esclaves ont enfin un état-civil, on donne au jeune Edmond le patronyme d'Albius, en référence à la couleur blanche alba de la fleur de vanille. Il devient ensuite cuisinier chez un officier de garnison. Sa découverte ne lui ayant rien rapporté, il meurt dans la misère en 1880 à Sainte Suzanne.
dimanche 20 septembre 2009
Résumé de l'histoire de La réunion
Jusqu'au milieu du XVIIème siècle, l'île qu'on n'appelait pas encore la Réunion était inhabitée. Elle a reçu la visite des navigateurs arabes, portugais, anglais, hollandais. Elle était une escale appréciée sur la route du commerce en raison de l'abondance de l'eau douce, à proximité immédiate des rivages. On la retrouve sur de nombreuses cartes, sous des noms divers. Les Français lui ont trouvé une première utilité :celle de prison, ou plutôt de lieu de relégation pour des mutins indésirables à Madagascar. Le royaume tentait alors de prendre pied dans le sud de la Grande Ile, 700 km plus à l'Ouest. En l'an de grâce 1638, la petite île volcanique était devenue Bourbon, "possession du roy". Il avait suffi pour cela d'y planter une pierre gravée sur le littoral (aujourd'hui commune de... La Possession).
L es premiers mutins y sont débarqués en 1643. Ils découvrent une prison de rêve, couverte de forêts, de gibiers et de rivières. Les premiers colons, accompagnés de serviteurs malgaches, s'y installent à partir de 1663. L'intérêt de l'île perdue se révèle progressivement. La Compagnie des Indes Orientales va la gérer d'une main de fer pendant un siècle, jusqu'à sa faillite en 1767. La culture du café se développe, le système de l'esclavage se met en place.
Les colons blancs achètent leur main d'œuvre à des négriers qui arrachent hommes, femmes et enfants aux côtes malgaches et est-africaines. La population blanche des origines, qui avait commencé à se métisser avec ses premiers serviteurs de couleur, femmes malgaches ou indo-portugaises, devient largement minoritaire.
A la fin du XVIIIème siècle, les plantations de café disparaissent rapidement, bientôt remplacées, à partir de 1815, par les champs de cannes à sucre. Pendant la Révolution, l'île a brièvement changé de nom. Les Sans-culottes la rebaptisent Réunion, symbole de la rencontre des troupes révolutionnaires à Paris, en 1790. De 1810 à 1815, elle est ensuite passée sous contrôle anglais, avant d'être rendue au Roi de France.
L' île redevenue Bourbon prospère au XIXème, grâce à la canne. Le "roseau sucré" fait la fortune de la colonie. La lointaine France achète à prix d'or les pains de sucre moulés dans des dizaines d'"usines" attenantes aux propriétés coloniales. Les grands domaines s'étendent, l'intérieur montagneux de l'île est progressivement mis en valeur, les cirques se peuplent.
En 1848, l'esclavage est aboli. Mais la canne nécessite toujours plus de main d'œuvre : appel est fait à des volontaires indiens et africains... dont les conditions d'existence seront bien proches de celles des esclaves.
La société de plantation perdure jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, au rythme des crises de l'économie sucrière. De nouvelles cultures apparaissent. Une orchidée aux formes de liane, venue d'Amérique, fait naître des rêves d'opulence chez les colons : la vanille. Ses gousses séchées s'arrachent sur le Vieux Continent. Mais elle se reproduit mal dans l'île. Jusqu'au jour où un esclave de Sainte-Suzanne, Edmond Albius, découvre un moyen simple et efficace de féconder sa fleur, d'un simple geste de la main.
Les champs de vanille s'étendent, le label "Bourbon" devient une référence mondiale, encore reconnue aujourd'hui. A cette époque, la Réunion découvre également qu'elle peut produire du géranium et du vetiver qui, une fois distillés, donnent des huiles essentielles appréciées des grands parfumeurs. De nouvelles cultures odorantes prospèrent dans les hauteurs propices de l'Ouest et du Sud. Mais la richesse de la terre ne profite pas à tous et les cours sont à la baisse.
La population souffre dans une colonie oubliée. La France préfère miser sur l'immense Madagascar toute proche. Le 19 mars 1946, l'île obtient le statut de Département d'Outre-Mer. Elle devient française à part entière. Le mouvement s'accélère à partir des années 60 :la Réunion s'équipe, la jeunesse s'éduque, l'économie se diversifie et se développe. Le niveau des infrastructures locales n'a aujourd'hui plus rien à envier à la plupart des départements de métropole. Depuis le milieu des années 90, le tourisme rapporte davantage de recettes que la canne à sucre, la vanille, le géranium et le vétiver réunis.
L es premiers mutins y sont débarqués en 1643. Ils découvrent une prison de rêve, couverte de forêts, de gibiers et de rivières. Les premiers colons, accompagnés de serviteurs malgaches, s'y installent à partir de 1663. L'intérêt de l'île perdue se révèle progressivement. La Compagnie des Indes Orientales va la gérer d'une main de fer pendant un siècle, jusqu'à sa faillite en 1767. La culture du café se développe, le système de l'esclavage se met en place.
Les colons blancs achètent leur main d'œuvre à des négriers qui arrachent hommes, femmes et enfants aux côtes malgaches et est-africaines. La population blanche des origines, qui avait commencé à se métisser avec ses premiers serviteurs de couleur, femmes malgaches ou indo-portugaises, devient largement minoritaire.
A la fin du XVIIIème siècle, les plantations de café disparaissent rapidement, bientôt remplacées, à partir de 1815, par les champs de cannes à sucre. Pendant la Révolution, l'île a brièvement changé de nom. Les Sans-culottes la rebaptisent Réunion, symbole de la rencontre des troupes révolutionnaires à Paris, en 1790. De 1810 à 1815, elle est ensuite passée sous contrôle anglais, avant d'être rendue au Roi de France.
L' île redevenue Bourbon prospère au XIXème, grâce à la canne. Le "roseau sucré" fait la fortune de la colonie. La lointaine France achète à prix d'or les pains de sucre moulés dans des dizaines d'"usines" attenantes aux propriétés coloniales. Les grands domaines s'étendent, l'intérieur montagneux de l'île est progressivement mis en valeur, les cirques se peuplent.
En 1848, l'esclavage est aboli. Mais la canne nécessite toujours plus de main d'œuvre : appel est fait à des volontaires indiens et africains... dont les conditions d'existence seront bien proches de celles des esclaves.
La société de plantation perdure jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, au rythme des crises de l'économie sucrière. De nouvelles cultures apparaissent. Une orchidée aux formes de liane, venue d'Amérique, fait naître des rêves d'opulence chez les colons : la vanille. Ses gousses séchées s'arrachent sur le Vieux Continent. Mais elle se reproduit mal dans l'île. Jusqu'au jour où un esclave de Sainte-Suzanne, Edmond Albius, découvre un moyen simple et efficace de féconder sa fleur, d'un simple geste de la main.
Les champs de vanille s'étendent, le label "Bourbon" devient une référence mondiale, encore reconnue aujourd'hui. A cette époque, la Réunion découvre également qu'elle peut produire du géranium et du vetiver qui, une fois distillés, donnent des huiles essentielles appréciées des grands parfumeurs. De nouvelles cultures odorantes prospèrent dans les hauteurs propices de l'Ouest et du Sud. Mais la richesse de la terre ne profite pas à tous et les cours sont à la baisse.
La population souffre dans une colonie oubliée. La France préfère miser sur l'immense Madagascar toute proche. Le 19 mars 1946, l'île obtient le statut de Département d'Outre-Mer. Elle devient française à part entière. Le mouvement s'accélère à partir des années 60 :la Réunion s'équipe, la jeunesse s'éduque, l'économie se diversifie et se développe. Le niveau des infrastructures locales n'a aujourd'hui plus rien à envier à la plupart des départements de métropole. Depuis le milieu des années 90, le tourisme rapporte davantage de recettes que la canne à sucre, la vanille, le géranium et le vétiver réunis.
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